30/01/2020
Pourtant, lorsque je me lève le matin pour une intervention, je suis concentrée sur mon sujet que j’ai déjà étudié sous toutes ses coutures : autant que possible, je sais quels sujets y seront abordés, les intervenants présents, la géographie des lieux, le tempo, l’emplacement choisi pour l’installation de mes planches, et quelles seront mes allées et venues pour écouter ici et là.
Ainsi, ce qui ressemble à de l’improvisation ne l’est plus tellement.
Être bien préparée, c’est aussi le secret de la réussite.
Être bien reposée, c’est tout aussi important.
Ainsi, s’il faut être présent quelque part en province, je me rends sur place la veille. J’aime à être sereine le jour J, et surtout ne pas risquer d’être coincée dans une grève ou dans les embouteillages.
Tout le matériel est prêt, les cartons, les chevalets, le scotch double face s’il s’agit de se fixer au mur.
Une bouteille d’eau (réutilisable bien sûr) dans le sac, un fruit ou un carreau de chocolat pour la pause grignotage ou le coup de mou.
Une présence largement avant l’heure laisse le temps pour l’écriture du titre. Tout ce qui peut être fait en amont est bienvenu. Cela permet de réfléchir sur la mise en page future. Un portrait éventuel des locuteurs invités est aussi bienvenu. En cela, le smartphone est d’une grande aide qui permet de consulter les photos de la plupart des intervenants.
Lors de mes dernières interventions, j’ai eu à régler ce problème : comment retranscrire ce qui se passe sur plusieurs tables rondes à la fois ? Me voici dans un forum de rencontres, un festival d’entrepreneurs et de start-up. À moi seule, je dois restituer ce qui se dit, succinctement bien sûr, telle une image d’hélicoptère qui embrasse un paysage et en présente la cartographie : là des champs à perte de vue, des rivières et des montagnes, un relief avec sa tour ou son moulin… Que disposer sur ma cartographie ? Comment restituer ces architectures sur fond de paysage ?
Je prends mon cahier sous le bras, et je me déplace de table ronde en table ronde. J’ai déjà expérimenté plusieurs fois cette technique. Ma foi, je n’ai pas le choix. Il faut bien retranscrire quelque chose de ces échanges sur mes cartons blancs. Ainsi, tout en me promenant entre les tables, j’attrape au vol des mots, des phrases clés, des idées fortes et représentatives. Je fuis les anecdotes trop précises et détaillées, sur lesquelles je n’ai pas le temps de m’attarder. À force d’habitude, cela s’impose comme une évidence. Il faut savoir quitter la place au bon moment, abandonner des conversations sur des cas particuliers, pouvoir attraper une image clé, un renseignement explicite, une ligne de travail. Je fuis aussitôt tout ce qui n’est pas audible, comme les commentaires trop bas ou mal articulés. Le temps est précieux, et il faut garder l’objectif en tête : écouter, collecter, comprendre, synthétiser.
Quand le public et les intervenants changent de salle, de groupe, de table, il est alors temps pour moi de reporter et illustrer sur mes grands cartons blancs mes notes à demi dessinées.
Une fois qu’elles ont pris place sur mes cartons, et que le blanc s’amenuise et se fraye un passage entre les écrits, comme une rivière qui coule entre des îlots d’idées et de remarques, je m’éloigne pour juger de l’effet du tout. Il manque quelques mots bien choisis, ici et là. C’est alors qu’il faut puiser auprès des autres pour alimenter ces vides : par exemple, en faisant contribuer à la construction de la fresque le public présent.
Il peut être judicieux d’installer un arbre à idées non loin de la fresque. Ainsi, chacun déposera des mots clés qui pourront servir à l’alimenter. Lors de ma dernière intervention, même si l’arbre à idées ressemblait plutôt à un arbre en hiver avec ses branches aux feuilles éparses, j’ai pu collecter tout de même sur cet arbre quelques mots pertinents pour illustrer les objectifs partagés par tous.
J’aime également faire, au centre de la fresque, un dessin qui illustre la cohésion de l’équipe ou du public, comme un symbole commun à tous : une table avec des interlocuteurs autour, ou un groupe apportant chacun une pièce au puzzle...
Voilà cette présentation achevée retraçant une journée particulière et ses idées clés ; elle n’a plus qu’à être numérisée et partagée sur les réseaux sociaux.
10/12/2019
Il ne se laisse pas faire, indocile, et fuit la lame ; c’est pire encore d’essayer de le couper avec les dents métalliques intégrées à son propre emballage en carton : Il se vrille sur lui-même, se débine et fuit l’usage pour lequel il a été fabriqué. Et alors que tout à coup il décide enfin de dérouler sans prévenir, seule chose qu’après tout l’on attende de lui, je me rends compte que j’en ai bien plus dans les mains que je n’en aurai l’usage ; mon bras est tendu sur presqu’un mètre d’envergure, alors que je cherchais à en obtenir 25 cm de long ; puis un jour, allez comprendre, il ne veut plus, et reste agglutiné aux couches inférieures qui sont comme solidaires du rouleau central en carton dont jamais je ne verrai la couleur, ou bien il finit en cotillons de sorte que je n’ai plus qu’à balancer le tout dans la poubelle.
Là se pose le problème de la fabrication de l’objet par rapport à son usage. Et celui-ci me semble bien obsolète, après l’avoir expérimenté tant d’années durant, mea culpa.
Car emballer n’est pas dans la nature du film plastique alimentaire étirable, tout comme la nature ne veut plus de cet emballage. Et des autres non plus d’ailleurs, qu’elle vomit par les fleuves, les rivières et les océans.
Ainsi, je poursuis trois options pour la création de mes tissus enduits :
Des #sketchnotes et des motifs que je dessine à la main, que je numérise et multiplie sur un logiciel de dessin réputé, pour les transformer en un motif reproductible à l’infini.
Je trouve ensuite un imprimeur de tissu à qui j’adresse mes images.
Finalement, passer du papier au tissu, c’est plaisant, surtout quand je pense que mon motif peut être reproduit au kilomètre, comme du papier peint. Même si je n’ai pas cette ambition, je fais imprimer quelques mètres linéaires. J’y découpe des coupons de la taille de serviettes de table qui seront par la suite noyés dans la cire d’abeille.
Ma seconde option est plus empirique. Après avoir suivi un stage de teinture végétale sur tissu, je me passionne pour les plantes tinctoriales. Plus question ici de dessins, mais de #couleur, de teintes, de nuances, de couleurs grands teints, d’oignons, de mauvaises herbes, de fleurs, d’écorces et de racines. Un retour vers la nature, que je regarde différemment, en cherchant dans le paysage les végétaux qui participeront à la coloration de mon coton, en tentant de deviner dans la chlorophylle environnante quelles teintes délicates s’y cachent. Car rien à voir avec les couleurs chimiques ; les couleurs végétales sont souvent pastel, et douces, et se marient bien les unes avec les autres, comme dans une même palette naturelle et parfaitement harmonieuse.
Voici donc une autre voie de recherche pour mon film alimentaire maison : la teinture végétale comme une alternative à emballer mes denrées. Quoi de plus sain et de plus naturel ? Zéro produit chimique, zéro plastique, zéro déchet puisqu’entièrement compostable. Après un an d’utilisation, mon film retourne à la nature sans la polluer.
Pour ce faire, je collecte mes végétaux : oignons, amandes, noix, marrons, que je déshabille pour garder ce qu’habituellement on jette. Tout à coup, l’enveloppe m’est aussi précieuse que la partie du fruit qui se mange.
J’achète à un fournisseur français nantais du coton recyclé, qui me semble être une bonne alternative puisque mon produit aura une durée de vie limitée.
Je le teins puis l’enduis de cire d’abeille, de résine de pin et d’huile de chanvre. Un savant mélange qui fait que le tissu colle légèrement au bol. Car avec ce tissu je recouvre un récipient qui contient un reste de repas, j’emballe un morceau de fromage, une part de gâteau ou un sandwich.
Ma cire d’abeille est bio, je l’obtiens auprès d’un apiculteur du Finistère. L’huile de chanvre bio est souvent bretonne, ou provient des Ardennes, suivant là où mes pas me mènent. Je cherche un fournisseur local pour ma résine de pin, l’idéal serait une résine de pins des landes. Je cherche encore.
Je privilégie les fournisseurs français, pour un produit « Fait en France ». Les quantités correspondent à une production artisanale hésitante qui débute. Je souhaite garder un prix abordable à la vente et choisis de faire travailler des artisans et producteurs locaux.
J’ai aussi parfois le coup de foudre pour des coupons de tissus que j’achète à des particuliers. Je leur donne une seconde vie en les transformant en feuille d’emballage enduit. C’est là ma troisième option.
Ainsi, 2020 verra le début de ma page e-commerce (dont un avant-goût est en lien dans ce post) puisque ma production de film alimentaire dépasse ma consommation, et qu’il n’est pas question que je fasse des stocks coûteux.
J’aime l’idée de partager cette bonne pratique, d’encourager cette habitude, de populariser cette feuille de tissu enduit de cire d’abeille afin qu’elle remplace dans les chaumières le désormais honni film alimentaire en plastique.
Je ne sais d’où est originaire ce produit bien connu sous le nom de #beeswaxwrap, mais l’idée est merveilleuse. Cela me fait penser parfois à ces récipients en biscuit qui contiennent une glace ou une crème dessert, et que l’on mange après en avoir dégusté le contenu. S’ils ne sont pas consommés, ils iront au compost. De l’emballage à la denrée, honneur au biodégradable total.
Ainsi, je m’adresse à vous ici, à vos bonnes résolutions pour les années à venir, car cette bonne pratique ci-dessus est destinée à perdurer, et de retour en arrière il n’est pas permis.
Moins de plastique à usage unique, moins d’emballage et de contenants dans nos poubelles, et au final moins de déchets.
02/05/2019
A l’heure du digital, voici un nouvel outil vers lequel se tourner, un outil qui offre souplesse dans le travail et visibilité immédiate pour le public, à savoir le nouvel iPad pro.
Connecté à un écran géant, il permet au public de suivre en direct la progression du dessin. Stressant pour le dessinateur? Mais pas pour le facilitateur qui a l'habitude de dessiner en public et en direct. L'outil tient dans un sac. Plus besoin de transporter feutres, papier et chevalet. C'est une variante intéressante pour qui veut voyager en léger sur le lieu de l'intervention. A l'arrivée, il faut bien sûr un grand écran pour retransmettre la performance sur tablette.
En tant que designer, je suis une inconditionnelle d’Apple, marque culte par laquelle je suis entrée dans l’informatique. Apple a toujours tout fait pour les créatifs grâce à son système d’exploitation et à l’utilisation des logiciels de graphisme.
J’ai pu essayer l’iPad pro lors d’une démonstration à l’Apple Store des Champs-Elysées.
Ce jour-là sur le plateau se tient Douglas Kennedy, un écrivain britannique (que je connais pour avoir déjà lu quelques-uns de ses romans, mais je ne l’avais jamais vu en chair et en os). Il était là pour raconter avec un joli accent anglais, « les fabuleuses aventures d’Aurore » son dernier livre illustré par Joann Sfar, auteur de bandes dessinées connu pour « le chat du rabbin ».
Joann Sfar a dessiné sur l'iPad d’un trait léger et rapide, son héroïne « Aurore », dans toutes sortes de tribulations et avec beaucoup d’humour (elle a de si grands yeux qu’il les fait traverser par son propre bras comme s’ils étaient de simples cerceaux). Il a entraîné le public à faire de même, et nous avons pu admirer sur grand écran les œuvres réalisées par les dessinateurs en herbe de tous âges.
L’iPad sublime les dessins. Le trait glisse sur la tablette, s’affine lorsque l’on relâche la pression des doigts, se graisse lorsque à l’inverse on appuie plus fort sur le stylet.
Le choix des outils est vaste, équivalent à MacPaint, avec fusains, aérographe, pastels, crayons ou peinture à l’huile.
Avec l’utilisation des « calques », je peux recopier une scène, arranger un croquis, améliorer les couleurs.
C’est un peu l’atelier du peintre dans mon sac à main.
Au bout de quelques minutes, je navigue aisément entre calques et outils, mon trait prend de l’assurance.
Malgré l’exercice du jour, j’ai peu dessiné l'héroïne, je me suis plutôt évertuée à croquer les intervenants. Si vous allez à l’Apple Store des Champs-Élysées, peut-être trouverez-vous sur un iPad mes croquis réalisés des deux protagonistes cités ci-dessus.
21/03/2019
Dessiner en écoutant, ou à l’inverse, écouter en dessinant, tout en se posant des défis, alors que dessiner est déjà bien souvent un défi en soi.
Je vous propose de sortir pour un temps de votre zone de confort et de vous dépasser tout en vous amusant.
Comme dans Top Chef, il s’agit bien de se surpasser, d’innover, d’exercer sa créativité, et de s’amuser.
Vous irez « chercher les étoiles », pour vous-même ou pour les autres, pour le bonheur d’avoir des notes écrites et imagées agréables à parcourir. Que ce soit pour un journal intime ou pour un post sur les réseaux sociaux, à chacun de choisir la portée qu’il voudra leur donner.
Le style aussi est une affaire personnelle, tel un chef dans sa cuisine : à chacun sa personnalité. Il n’y a pas de limites à la création.
Je colore, je déglace au cognac, je mixe et j’assaisonne. Un vocabulaire qui pourrait s’appliquer au croquisnote.
Tout d’abord, il faut identifier les ingrédients, avec une scénette bien choisie, une anecdote sucrée salée, une histoire à partager.
Des formes, des mots, des couleurs vont aider à définir mon propre style. Par la suite, vous commencerez à dessiner toutes les semaines. Toute occasion est bonne : une émission de radio, un podcast, une visite, une réunion ou une anecdote. Voyager est aussi l’occasion d’identifier de nouveaux thèmes à croquinoter.
Vous aurez parfois l’impression de ne pas maîtriser la situation. C’est compliqué de dessiner. Il ne faut pas se décourager. On y va doucement, sans crisper les doigts sur le crayon.
Pour le sketchnoteur, pas de blouse de cuisinier, pas de toque sur la tête. Encore moins de CAP. On apprend sur le tas, en sortant son calepin et son stylo. On se jette à l’eau sans retenue, on est tous dans le même bateau.
Il n’y a pas d’âge pour bien croquinoter et apprendre à dessiner. Souvenez-vous, enfant, vous ne vous posiez pas la question de savoir si votre dessin répondait aux canons académiques.
Et c’est bien de participer !
Il faut être au plus prêt du visuel et du texte. Rechercher l’équilibre, une certaine élégance tout en restant efficace. Une simplicité de réalisation pour une dégustation sans modération.
Écouter, recouper les idées, identifier les grands thèmes.
Ça blablate ? J’en profite pour peaufiner mes dessins, penser à la répartition des titres, à une valeur un peu soutenue grâce à un crayonné gris foncé, ou une couleur un peu gaie, comme une sauce pimentée qui va relever le tout.
C’est précis, c’est propre, c’est net. Ça me parle.
La tâche n’est pas facile. Mais le travail va l’emporter. Quant à moi, je suis chaud-patate pour poursuivre. Une heure pour faire un beau sketchnote. Un titre, des sous-titres, graisser la typo, quelques beaux lettrages, des dessins sommaires, c’est un mélange que j’aime beaucoup.
D’un sketchnoteur à l’autre, le style diffère.
Mon sketchnote est très tranché. Sois t’aime sois t’aime pas. Je peux faire un truc aussi fabuleux qu’incompréhensible mais ce n’est pas mission impossible. Il faut trouver le bon format, c’est un exercice marrant. Mais la cohérence, c’est important.
Aujourd’hui, c’est la première fois que vous vous retrouvez à faire un croquisnote ? Le but est d’essayer que ce ne soit pas la dernière… Il faut relever le défi et viser les étoiles !
Le sketchnote, c’est une texture, une garniture, une histoire, tout comme un dressage à l’assiette.
Faire quelque chose d’équilibré, un peu moderne, contemporain.
Le croquisnote moléculaire, environnemental-en-croquant-sans oublier-les-générations-futures, le croquisnote déstructuré, ou peut-être le nouveau sketchnote ?
Le tout c’est de croquisnoter sain, varié et équilibré !
Cela peut-être un simple sketchnote cuit à la vapeur. Inutile de se casser la tête. Tout cela dépend de l’humeur et de l’inspiration. On ouvre le réfrigérateur pour voir ce que l’on a sous la main : un vieux carnet un peu passé au format paysage, 3 crayons de couleurs, un stylo publicitaire de la Croix Rouge ou de WWF. Cela suffit bien pour se lancer. Les sujets ne manquent pas, et les débats non plus, en ce moment... Ce soir, par exemple, un débat radiophonique sur France Culture entre Macron et des intellectuels. Je croquisnote pendant que mon gratin blettes-Bruccio-sauce à l’amande cuit dans le four. Si le gratin termine de cuire avant la fin des débats, je me procurerai la suite en podcast car cuisine ne peut attendre. Il faut être à l’écoute des priorités, et le dîner en fait partie. Aujourd’hui, dans ma cuisine, avec ma radio, mon bloc papier et mon crayon, l’ouïe n’est pas le seul sens en éveil : il faut composer avec l’odorat et le goût. Mes papilles sont en émoi. Qui l’eût cru ou cuit, voici qu’un simple croquisnote met mes sens sans dessus dessous.
Parfois, je suis dans l’émotion plus que dans la technique, et je pars dans un croquisnote monochrome très enlevé. J’apporte un côté frais et un peu inattendu avec un trait de couleur.
C’est un sketchnote qui me ressemble. Un petit crumble d’informations avec quelques lamelles de concombre ; somme toute, j’ai sorti un croquisnote très gourmand.
Êtes-vous qualifié pour une deuxième manche ? J’espère que vos sketchnotes laisseront vos lecteurs babas !
Il faut représenter l’excellence à la française !
J’ai réalisé un rêve : faire Top Sketch !
Bon courage à tous !
Toute ressemblance ou similitude avec des faits existants ou ayant existé ne saurait être que fortuite coïncidence.
13/03/2019
Les dessins sont codés figurativement et sémantiquement. Les mots sont codés lexicalement et sémantiquement.
L’ensemble des deux, dessins et mots, accompagnés de vocalisation à voix haute, permettent une meilleure mémorisation. Coder l’information de manière visuelle et verbale est une clé pour une mémorisation doublement efficace.
C’est ce qui est démontré dans l’article « vocalisation et mémoire séquentielle des dessins et des mots » (A. Lieury, 1987)
Cette théorie du double codage vient d’Allan Paivio (Université de Western Ontario), et favoriserait le processus d’apprentissage.
A l’Université de Waterloo (Canada), les chercheurs ont démontré que dessiner a « un surprenant pouvoir d’influence » sur la mémoire, atout qui pourrait être utilisé pour contrer la démence ou la dégénérescence du cerveau chez les personnes âgées.
Quant à moi, je n’ai aucune envie d’attendre que mon cerveau soit dégénéré pour combattre cette obsolescence programmée. Je décide d’utiliser quasiment journellement ce pouvoir du dessin pour un développement bénéfique de mes neurones.
Ainsi je pratique l'enregistrement graphique à travers le « scribing » (captures imagées en direct), et le sketchnote, que tout un chacun peut pratiquer à l’aide d’un cahier et d’un stylo. Écoute, concentration, et agilité de la main font le reste.
Car illustrer un mot semble plus efficace pour s’en rappeler que de l’imaginer ou le voir écrit. Le sens d’un concept est aussi plus aisé à mémoriser à travers son dessin que de le voir écrit accompagné de sa définition. Mais c’est dans la cumulation des deux, voir des trois avec la voix haute, que la mémorisation est plus efficace : dessiner le mot, l’écrire et l’entendre.
Si les adultes retiennent moins bien les mots qu’une personne jeune, en revanche la cumulation avec le dessin efface ces différences.
Par ailleurs, le fait que le dessin soit réussi ou non n’a pas d’impact sur la qualité de la mémorisation. Que vous dessiniez des bonshommes en bâton aura autant d’impact sur la mémorisation d’une scénette ou d’un concept donné que si le personnage était digne d’un dessin de nu d’un étudiant de troisième année d’école d'Art. Votre mémoire en tirera bénéfice aussi. Pas d’excuse donc, pour s’y mettre : tout le monde peut se prêter à l’exercice, sans restriction !
D’après les chercheurs, que ce soit pour étudier, apprendre à la maison, se souvenir d’une expérience ou d’un discours, cela « démontre que le dessin est une stratégie de codage robuste qui peut, et entraîne de façon spectaculaire la performance de la mémoire ».
Le dessin favorise l’ancrage du souvenir.
Créer son propre dessin oblige à élaborer les caractéristiques d’un objet pour construire une représentation imagée qui permettra de retrouver de quel objet il s’agit.
Les expériences montrent que le dessin est un outil puissant de mémorisation. La mémorisation se fait plus par le processus engagé par l’action de dessiner (création d’une imagerie, action motrice des mains…) que par le temps passé à dessiner. La finition du dessin importe peu au final.
L’effet synergique des encodages utilisés dans le process de création de l’image favorise l’ancrage du souvenir.
Les tests de chercheurs américains l’attestent, « N’importe qui pourrait tirer parti de cette stratégie de mémorisation, indépendamment de son talent artistique ».
Car noter visuellement implique dans un premier temps de comprendre les concepts énoncés, puis dans un second temps de chercher à les expliquer visuellement en les dessinant. Le plaisir d’utiliser pour cela sa main est la cerise sur le gâteau.
Le processus réussi de retranscription d’une idée, d’un discours, d’un concept, mène à un résultat durable dans l’action de mémorisation.
Classer les idées, hiérarchiser les titres, schématiser, sont autant de modes opératoires qui vont aider à clarifier nos idées.
N’hésitez plus : armez vous d’un carnet ou d’un cahier, format paysage de préférence, sans lignes ni carreaux, un bon stylo, et notez en dessinant, votre cerveau vous remerciera !