Je me souviens du Sud de la France de mon enfance. En février il faisait souvent beau temps, les terrasses étaient remplies lorsque les Parisiens restaient au chaud et au sec dans les brasseries, fuyant la pluie froide et hivernale qui s’abattait sur Paname.
Cette année à Cannes il a plu. Beaucoup. J’étais conviée au Midem, salon de l’industrie musicale qui se tient au Palais des Festivals chaque année depuis longtemps, et pour ce qui est du Nouveau Midem (post Covid), pour la deuxième année désormais.
J’ai apporté mon parapluie, un chaud manteau tout de même et mon petit matériel de notes graphiques, tout en numérique, léger, flexible, discret. Avec une nouveauté cette année, le nec plus ultra de mon installation nomade pour passer de salle en salle, de conférence en conférence : un pupitre doucement incliné sur lequel poser ma tablette. Il possède un trou par lequel glisser le câble de charge, une barrette pour éviter que le IPad ne glisse, et un confortable coussin rembourré que je pose sur mes genoux. Cela évite aussi de se casser le poignet en dessinant, et cette petite installation permet d’être confortablement installée ce qui ne nuit pas à une écoute de qualité, indispensable lors de la prise de notes graphiques.
Ne me demandez pas où je l’ai acheté, c’est un cadeau à autrui qui s’est perdu pour atterrir dans mes mains, et que sans doute je n’aurais jamais pensé à acheter, mais qui est une heureuse rencontre d’un objet utile qui n’en paraissait rien de prime abord.
J’aime ces trois jours de conférences. C’est dense, cela demande une concentration afin de ne pas rater les points importants. En cela, je me suis toujours dit que s’il y avait une personne qui suivait les débats d’un bout à l’autre sans rien rater des échanges, c’était bien moi.
Le plus difficile reste d’imaginer des mises en pages et des dessins pour accompagner les idées des intervenants qui se succèdent et générer une facilitation graphique synthétique. Ce sont beaucoup d’expériences professionnelles dans des domaines variés tels que la RSE, l’accompagnement d’artistes, la création musicale, l’organisation de concerts, ou la vie des artistes venus témoigner en français ou en anglais.
J’avoue que parfois je suis « à sec » sur les idées de dessins qui illustreront telle ou telle conférence, puis l’idée émerge lorsque je ne l’attends plus, dans les dernières minutes d’une histoire qui clôt le débat, et en moi-même je m’exclame « Alléluia »!
Telle cette conférence avec Sharon Osbourne (manager, autrice, productrice) et Andy Copping (producteur de Back To The Beginning, créateur du Download Festival, directeur de Future History management, ancient executive president UK Touring, Live Nation).
Sharon raconte sa vie avec son mari Ozzy Osbourne, la création du Festival Ozzfest avec son fils Jack, et c’est à la fin de cette présentation lorsque Sharon dévoile la future statue géante de Ozzy Osbourne au Hellfest 2026, que cette monumentale représentation du chanteur de Black Sabbath s’impose au centre de mon dessin.
Ce sera donc une image de Live Scribing qui sera post-produite dans ma chambre d’hôtel, car pour l’heure la journée s’achève et je sors prendre l’air sur la Croisette.
En fin de journée, je me retrouve donc avec une série de notes graphiques. Les conférences se sont enchaînées : ne croyez pas que j’ai pu achever tous ces sketchnotes en temps et en heure. Il faut parfois encore ajouter la couleur, illustrer une idée, organiser l’ensemble. Il est rare que je termine le scribing en séance, mais cela peut arriver quand la conférence ou le keynote inspire des images façon bande dessinée, c’est alors un story telling du début à la fin qui émerge sous un crayon fluide. Alors, je n’ai presque plus à y revenir.
Bien sûr, tous les titres ou portraits des intervenants sont dessinés en amont des conférences, en cela, le train, qui est long pour descendre de Paris à Cannes, m’est un précieux allié : il me donne le temps nécessaire à la préparation de ces planches. Au départ de Paris, les 15 planches créées sur Procreate sont encore vierges, mais à l’arrivée à Cannes, elles possèdent titres, portraits et logo de l’événement.